Si vous avez passé la journée à découper

  • Le Nobel de Chimie est attribué à Emmanuelle Charpentier (France) et à Jennifer Doudna (US) pour leur découverte d’un outil moléculaire (= les ciseaux génétiques CRISPR-Cas9) permettant de "réécrire le code de la vie" (voir sujets suivants)
  • La commission antitrust de la Chambre des représentants (US) accuse Facebook et Google d'être des "monopoles" semblables à ceux "des barons du pétrole et des magnats des chemins de fer" et reproche à Amazon et Apple d'exercer un "pouvoir de marché significatif et durable"
  • Santé Publique France annonce que le taux d'occupation des lits de réanimation en Ile-de-France par des patients Covid atteint désormais 40%, l'ARS Ile-de-France s'attend à dépasser les 50% dans les "15 prochains jours"

E. Charpentier et J. Doudna sont respectivement les 6e et 7e femmes à recevoir le Nobel de Chimie sur les 187 récipiendaires depuis 1901. Sur ces 7 femmes, 3 sont françaises (Marie Curie 1911, Irène Joliot-Curie 1935 et donc Emmanuelle Charpentier 2020). Ça vaut bien un numéro consacré au CRISPR

Cette semaine, notre podcast Trump 2020 se pose une question : remporter le vote populaire le 3 novembre prochain suffira-t-il à Joe Biden pour devenir le 46e président US ? MUST LISTEN

CRISPR-Cas9 : fiche technique (MUST KNOW)

Joie absolue de ce Nobel, il est facile à comprendre ! Le CRISPR est un ciseau à ADN. Grâce à la protéine Cas9 -- "capable de couper presque n’importe quoi et n’importe où" (Le Monde) -- ces ciseaux (guidés par l’ARN, une sorte de réplique de l’ADN), vont pouvoir repérer une partie spécifique de l'ADN (porteuse de maladie ou pas) et la couper, puis en recoller les deux extrémités ainsi débarrassées du segment à éliminer ou y intercaler une nouvelle séquence. Simple…

… à comprendre, simple à mettre en œuvre (tout est relatif bien sûr)… et bon marché. Le champ des possibles est immense (lire l’article suivant, c’est là où ça devient drôle)

En lire plus dans Le Monde

CRISPR-Cas9 : applications (MUST RESTEZ CALMES)

Emmanuelle Charpentier le reconnaît elle-même, avec le CRISPR "nous entrons dans la mécanique du vivant". Et c’est une excellente chose, en agriculture par exemple cela permet d’imaginer des plantes génétiquement modifiées mais n’intégrant pas d’ADN étranger à leur génome (contrairement aux OGM actuels). C’est aussi une bonne chose -- mais ça pique un peu plus -- lorsque le CRISPR permet en "coupant/collant" 67 fois l'ADN d'un cochon de rendre ses organes greffables à un humain (expérience réalisée en 2015) !

Enfin c’est encore le CRISPR qui a permis à une équipe de généticiens chinois d’annoncer fin 2018 la naissance des premiers "bébés génétiquement modifiés". Là ça commence un peu à se CRISPeR…

Sur les questions éthiques liées au CRISPR, lire cette excellente interview d'E. Charpentier au Point

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30 second MBA : L’échec, totem ou tabou ?

L’échec ? Quelle chance ! L’idéologie dominante Silicon Valley-LinkedIn exige que nous soyons lestés de râteaux (et que nous en ayons tiré les leçons). Seulement voilà, notre passage par la trieuse impitoyable de l’Education Nationale nous a irrémédiablement conditionnés à considérer tout échec comme une faute personnelle.  

De cette double contrainte, Quentin Périnel, chroniqueur au Figaro, a tiré un livre court et désopilantpersonnalités du business, de la politique et des médias se tortillent sur leur chaise pour faire un totem de ce qui reste un tabou. Il y a les polars qui ont préparé leur liste de pseudo-ratés calibrés. Il y a les faux humbles qui balaient leurs succès d’un revers de la main. Il y a les doctes, qui pontifient sur l’échec en général sans jamais parler des leurs en particulier. Il y a tous ceux qui, au faîte du succès, ruminent encore leur échec scolaire, en 4ème ou à l’agrégation. Finalement, le plus sincère est celui qui donne au livre son titre : "Et si on parlait plutôt de mes succès ?"

En somme, si Périnel voulait les faire parler de leurs échecs, c’est largement raté… Encore un échec qui est une réussite !

Tous les mercredis, Olivier Sibony (ex-senior partner chez McKinsey, prof de stratégie à HEC, London Business School, Oxford) nous explique un concept de management. Sans bullsh*t.

Posez vos questions de management à Olivier Sibony sur asksibo@timetosignoff.fr, retrouvez ses posts sur LinkedIn ou lisez son dernier livre : Vous allez redécouvrir le management

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En partenariat avec Uniqlo

UNIQLO : haut les masques !

Ça semble désormais acquis, le masque risque d'accompagner nos vies (et nos visages) pour longtemps. Alors pour votre santé, comme pour votre confort, adoptez le meilleur : le nouveau masque Airism d'UNIQLO. Jugez plutôt : un filtre haute protection bloquant 99% des bactéries/particules et stoppant les gouttelettes. Un tissu soyeux agréable à porter. Une matière ultra-respirante qui évacue l'humidité et qui ne provoque pas d'irritation. Le top de la performance UNIQLO au service de votre santé. Haut les masques ! 

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He for She

Ainsi donc ce Nobel attribué à 2 femmes enverrait un "message très fort aux jeunes filles" (dixit Charpentier). Acceptons-en l'augure ... mais force est de reconnaitre que ça n'a pas toujours été le cas ! En 2013, le National Geographic avait consacré un article à 6 femmes s'étant clairement fait voler leur prix Nobel par des hommes. Depuis 1933 où le Pr. Hunt se voit récompensé pour la découverte, par son assistante Nettie Stevens (en 1905), que le sexe d’un enfant est déterminé par ses chromosomes, à Jocelyn Burnel, étudiante à Cambridge, qui (en 1967) identifie les pulsars et voit, en 1974, le Nobel aller à son (pas à "sa" bien sûr !) directeur de thèse... 

... ou encore Lise Meitner (autrichienne & juive), qui, en 1938, découvre la fission nucléaire pour laquelle le Nobel récompensera son ancien collègue Otto Hahn (en 1944). 

Lire l'article du National Geographic