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La 6 To Do de Nicolas Gabard
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Lundi révolutionnaire
- Guy Debord n'a jamais travaillé. Il n'a donc jamais connu de lundi, tout occupé qu'il était à faire la révolution. Eteignez vos écrans, et partez à la dérive à la BNF, découvrir l'expo Guy Debord, Un art de la guerre.
- Mine de rien, en écrivant un peu, en picolant pas mal, en vivant beaucoup, Debord a théorisé avant tout le monde ces images qui obstruent, et appauvrissent. La pensée de Debord offre une grille d'analyse toujours pertinente pour éviter de devenir un Playmobil. On ira ensuite acheter La Société du spectacle et l'autobiographique Cette mauvaise réputation. On sera indulgent avec ses enfants, sans le savoir, situ en puissance. Ils savent, eux, qui sont les Playmobils.
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Mardi littéraire
- La dérive du lundi encore en écho, on n'oublie pas de traverser un pont. Les ponts de Paris résonnent tous de la voix d'Arletti. Entre deux rives, et deux snobismes, ils nous transforment en parigos-tête-de-veau, simplement fiers d'habiter la plus belle ville du monde. On pourra choisir le Pont Sully, et s'attarder au souvent déserté square Barye situé à l'extrémité de l'île Saint-Louis. Pris d'une douce mélancolie, on se prendra pour l'Aurélien d'Aragon (à lire absolument).
- On poussera le vice littéraire jusqu'à la Closerie des Lilas, toujours impeccable, pour y croiser des couples illicites de province, des écrivains sud américains réfugiés politiques, des vieilles gloires alcoolisées en pull jacquard qui gratte.
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Mercredi alcoolisé
- On va chez OFR, faire le plein de magazines improbables, ou de beaux livres mode, art, design et architecture. Il y a toujours une expo ou un vernissage en plan. Oui, la fille qui feuillette à votre gauche, c'est Lou Douillon. On choisit Paradis la revue de Thomas Lenthal, qui mêle dans le même numéro l'über branché photographe Juergen Teller, et les fresques silencieuses de Fra Angelico.
- Pour oublier notre amour sacrifié avec Lou, on file boire du vrai coktail au Coq, où oeuvre le costaud Tony Conigliaro, prince des bartenders Londoniens. Goûter la vodka distillée au silex, et commander le "10e Ar" (champagne sur liqueur d'ambrette).
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Jeudi cinématographique
- On se rejoue L'Homme qui aimait les Femmes, rue de Navarin, à l'Hôtel Amour, que Truffaut, né à deux pas, aurait adoré. La cuisine est indolente et les serveuses forcément truffaldiennes. On a le droit de prendre une chambre pour l'après-midi. Pour ceux qui auraient imité Bertrand Morane jusqu'au bout, filez vous amender à la très lacanienne Ecole de la cause freudienne, toujours rue de Navarin, dans un quartier décidément schizophrène.
- Le soir, on revoit un film de Melville, le plus stylé des réalisateurs français. Le Samouraï, L'Armée des Ombres, Le Cercle Rouge... Des princes déchus côtoient des femmes fatales, le désespoir s'affichant en costume trois pièces, à une époque où APC et Acne n'existaient pas.
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Vendredi classieux
- Delon et Mastroianni n'ont jamais su s'habiller. C'est pas moi qui le dit, mais Stéphane, qui depuis trente ans, au 67 place du docteur Félix Lobligeois aux Batignolles, vend les plus belles fringues et pompes de Paris, tout en seconde main, à prix placés. Ne vous arrêtez pas à sa mine renfrognée, ce n'est pas tous les jours qu'on vous fera pleurer sur une paire de John Lobb trente ans d'âge.
- Visitez Lafayette Saltiel Drapiers, rue d'Uzes, qui depuis près de 100 ans, livre en tissus tous les tailleurs de Paris. Offrez-vous trois mètres de tweed irlandais et faites-vous faire une veste que vos petits enfants porteront encore. Terminez cet après-midi gainsbourien chez Simon, 12 boulevard Arago. Oui, c'est le bordel, mais un bordel où vous pourrez trouver du Berluti, Church's, Burberry, Lobb au prix de Monoprix !
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Vendredi (bis) pop
- Le matin, on s'habille : on file à Londres chez Trunk, à la sélection impeccable, où le Monoclien Tyler Brûlé a ses habitudes. À Milan, chez Al Bazar, pour visiter Lino Leluzzi, la seule vraie star du Sartorialist. Les plus beaux denims sont chez Tenue de Nîmes à Amsterdam. On peut aussi rester chez soi en visitant l'exhaustif Mr Porter et le pointu Très Bien Shop.
- On reprend des forces chez Abri, 92 rue du Faubourg Poissonnière, où Katsuaki Okiyama (Robuchon, Taillevent) déballe, entre sandwichs inventifs (lundi/samedi) et plats surprises, une cuisine racée sans chichi. A deux pas, on ressort sa platine vinyls chez Musique Musique, 13 rue Gérando, et on achète des pressages originaux des Stones, Joy Division, Clash, Smiths, My Bloody Valentine. Le soir, on est reçu chez les kings of cool du Dauphin, avenue Parmentier. Franck nous parlera de son prochain "In Good Company", après avoir reçu Tony Conigliaro (cocktails) et Garrett Olivier (bières).
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